AVERTISSEMENT

Pour des raisons de prix de cyber cafés différent, les photos arrivent après le texte...

Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /Nov /2007 13:36
Si je m'attendais à croiser quelqu'un dans ce cyber trou du c du monde...

Ben voila, le gel m'a foutu dehors, alors j'erre... Autres chantiers, autres pierres... Chantiers de misère, pierres humaines...

Un soir à la soupe populaire... Des figures, des visages. Des personnages. En dérive, coulés pour certains. La dignité qui reste comme une bien dérisoire bouée... Pourquoi tenter de flotter encore, d'où vient ce fol espoir, cet instinct ravageur???

Ha... se laisser couler, ne plus souffrir, tout oublier, s'oublie et disparaître...

Bah non. Cela, l'humain ne le peux. Le tout petit humain qui ne prends pas de majuscule. 

Celui qui en prends une est là pour effacer. Effacer toute imperfection de la société, comme on gomme une pustule sur un dos qui se croit trop lisse.... Les Couleurs. Leurs ignorance et leur mépris est plus efficace qu'une torpille sur ces bout de cadavres flottant qui n'en peuvent plus de mourir en silence et doucement, tout doucement...

Ces "cadavres", je les vois tous les soirs à la soupe populaire de Lausanne. Ces couleurs, j'y ai été confronté... et j'en suis un. Un qui rêve de ne plus l'être. Un gentil, pourtant, car il y en a de plus coriaces, armés de pics et l'écume aux lèvres.

Alors pour se sortir de cette merde insoluble, on redevient bâtisseur et berger pour un moment, quelques heures un soir... "Salut mon gars. Fait froid, hein??" 

Autre chantier, autres pierres... autres illusions...
Par mat, maçon berger
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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /Oct /2007 17:00
V'la ti pas que, m'enfilant quelques mousses j'me mets à te griffonner ces quelques lignes que j'électroniserais plus tard.  Les cafés m'inspirent plus que leurs cousins pourtant cyber...

V'la ti pas qu'hier, je finissais ton livre en descendant... de l'alpage, justement.

Ho! ,  je n'y garde pas et n'y ai pas passé  4 mois. Non.  Je taille bavette avec un vieux mur en pierres en mal de jeunesse. Justement j'en avais à  revendre, mais comme il me plaît bien, l'ancêtre, je la lui ai donné...
De toute façon, elle foutra bien le camp un jour ou l'autre... autant la recycler en poésie pierrifique!

Bref. Bien sur on ne se connait pas, ce texte n'est qu'un chant.

De Cioran à Mathyas en passant par les moutons et la Roumanie...
Des Causses à la cordillière blanche et l'altiplano à Matthieu en passant par un alpage onirique du Beaufortain construit au pied de l'Alpamayo où le manque d'oxygène et la pression te foutent une gueule de bois sans même sentir une bulle de bière rouler sur la langue et descendre l'aven de la gorge comme un galet lisse et rond...

Berger j'étais, berger je ne cru plus être.

Chevrier je fus, chevrier je ne cru plus être...

La tourmente.
Quittant ces pâturages pleins de fleurs de rêve, je cioranisais mon histoire, la philosophie plus légère quand même...

Puis elles vinrent hanter mes rêves. Quelques bêlements derrières un buisson, des tintements de clochettes dans le lointain... et la Tourmente... tourbillonnant dans ma tête, mon coeur...

Marin, je devins, défiant des vagues qui me faisaient gerber, rendant le bastaingage du pont supérieur glissant et dangeureux.

Alors je partis, poussé par une amoureuse.

Et c'est là qu'elles réapparurent.
Mon coeur gonfla, éclata, puis les morceaux se recollèrent et elle restèrent là, avec moi, mes ouailles. Là au Pérou, dans la cordillière blanche, alors que je courais comme un débile, à 4500m d'altitude après un arrierro, avalant en peu de temps une étape et demi et beaucoup de feuilles de coca, pour le sommer de retourner chercher une des deux bergères du trek crachant jusqu'a la dernière alvéole de ses poumons...

L'idile, l'arrachement, la re-naissance, nouveau chaos sur le chemin de la séreinité...

Et voilà, l'ami Mathyas, si tous ont pleuré le carnage et la fin de ton aventure, j'ai célébré au Firmament du Ciel tes brebis retrouvées. La Séreinité, Berger...

Grandiose fut ce voyage en te lisant, mais j'ai appris aussi, moi Berger Mamat, à ne pas faire mescla. Peut-être un jour nous sera-t-il donné de nous présenter nos ouailles, mais aux jumelles. Chacun son pacage, chacun sa montagne.
Et alors, qu'est-ce qui nous empêche de grimper là haut comme des coqs sur leur tas de fumier et de pousser les voix dans une prodigieuse polyphonie de bergers, le Chant des Ouailleurs...

D'où viens tu?    ... Berger!
Par mat, maçon berger
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Samedi 29 septembre 2007 6 29 /09 /Sep /2007 19:56
C'est l'histoire d'un mur de chalet d'alpage, donc, qui, exposé aux intempéries et recouvert de neige en hiver avait attrappé la gonflose...

mon-petit-mur.JPG La gonflose, c'est un truc pas marrant que choppent les vieux murs, ou/et en particulier, les murs mals bâtis. Ca donne ça... 

Le principe est simple,  le mur est bâtit comme deux murs différents. Il y a deux faces et du remplissage entre les deux, dans le meilleur des cas en mortier et cailloux  par de la terre et des cailloux. Tant que l'enduit protège le mur de l'eau, pas de prob. Dès que ça pète, comme ici, l'eau entre, circule , lessive la terre ou le vieu mortier, les deux faces se "décrochent, ça gonfle et... badaboum. Ici, les joints ont étés fait en ciment et sable, ce qui est trop dur. Donc, si le mur bouge un peu, ça craquelle, l'eau rentre, etc...

Bon, là, c'est une barre à mine qui est entrée, mais le mur avait gonflé de 10 cm environ et au milieu, c'était de la terre et des cailloux... int--rieur.JPG

Violà, ça c'est l'intérieur... A droite et gauche, c'est les deux faces du mur, et au milieu, il n'y a plus rien, j'ai tout enlevé.

Donc, notre mur, commençait sérieusement a avoir froid et à s'inquiéter... Il fallait faire quelaue chose.

Il en parla à ses proprios attentionnés, et ceux-ci appelèrent un ami qui décida de rejointer l'intérieur. Faut dire que dehors il neigeait.

Ha oui!, le chalet, il est posé à 1500 m et n'a pas de fondations. Avant, c'était une étable. Mais tu peux le voir dans l'album "Mon ami le petit chalet..."

Et donc, cet ami m'a passé le relais pour la suite du traitement. Oui, traitement. Je suis comme un dentiste de mur, sauf que sur un mur, il n'y a pas que les dents que l'on peut travailler et changer...











mur1.JPG

Ainsi, après avoir crevé les poches du bas et protégé les chaînes d'angle en rebâtissant derrière, sur la photo ci contre...




















etai.JPG ... j'ai étayé l'intérieur avec ce que j'ai trouvé (bon, vu comme c'était cloué de partout, il y avait peu de chance que ça bouge tout ça...) et là le mur a commencé a avoir peur. Et a raison car la suite à donné le carnage de la première photo.

Trois petits coups de barre à mine, et vlan, tout est tombé d'un coup. Bon, heureusement que de l'autre côté c'était rejointé en profondeur...

Ensuite, il a fallu bien nettoyer jusqu'aux pierres de l'autre face, mouiller tout ça et rebâtir intelligement et à toutes berzingues parce que en septembre, à 1500m dans les Alpes Suisses, il peut arriver quelques pépins météorologique...

3,4 m3 en tout. Sachant qu'un maçon quelque peu rompu à ce genre de boulot est sensé monter en moyenne 1m3 de pierres par jour avec un aide et une bétonnière, combien un type qui eut fait ça durant deux ans puis est partit 6 mois en voyage et rebosse encore deux mois aprés, en alpage (mieu vaut ne pas oublier le casse croûte en bas...), seul et sans bétonnière, met-il de temps pour ce boulot??? réponse 4.5 jours tout compris. 0.77 m3 par jour...

profil.JPG Bon, c'est pas que je fais mon fier, mais je pensait être un peu plus rouillé...

Comme Monsieur l'ordi a pas voulut des autres photos, il n'y a que celle de profil...

Ca donne ça. Tout a droite, on peut admirer la barre à mine fatale, au pied du mur, pas de maçon, mais un échaffaudage maison. Cette photo est surtout pour montrer l'alignement des parties rebâties qui est un vaste compromis entre ce qui reste et pour lequel on prie très fort que ça ne tombe pas... , et l'idéal maçonnique qui voudrait que ça soit droit... Bref, article 22 démerde toi comme tu peux...



Aprés, le côté esthétique passe derrière la solidité et l'honnêteté. En gros, il faut un truc qui tienne au moins pour 400 ans, et qui réponde plus au porte-feuille du client qu'au Grand Oeuvre du maçon.

cl--.JPG

Laisson l'orgueil au placard et préférons les sales faces des pierres si ça permet d'être plus robuste. Surtout quand ça va être enduit et que ça ne pourra pas être autrement par la suite. Ici, c'est une clé. A droite la face visible, avec cet espèce de "bec" de la pierre du milieu qui dépasse, et à gauche, la belle face de cette même pierre qui va jusqu'a celle de l'autre face et dont on voit le cul. Le tout encastré, comme bloqué entre deux autres pierres.

Bon, pas facile et digeste cette description...

Donc, notre mur, il a un peu peur, surtout quand je parle de lui faire une salle tête, mais une fois qi'il sera habillé, il sera comme un sou neuf.

Bon, allez, c'est la pause, il est 8 h du mat, je viens de bosser une heure le ventre vide et Michel et Jean-Robert m'attendent pour le petit déj au fromage (ça aurait été domage...), cénovis (faut être Suisse ou fou pour aimer ça... je ne suis pas suisse...) et confiture dans la petite pièce tout en bois et enfumée par le feu qui chauffe une marmitte de 80 l de la nouvelle ferme restée dans le style traditionnelle. Il y fait bon, chaud, sur la peau et dans le coeur... Un de ces endroits et moment ou l'on peut ressentir pleinement la communion , la connexion avec Dieu, la plus pure et la plus simple, sans frou-frou, trucs en plastic ni superflux...

Remercier au début de la journée, ça aide l'humilité et fait voir la vie autrement... Allez, tchao, le coup de froid de cette fin de semaine est passé, je remonte demain jusque mercredi en te laissant, lecteur, cette image, cette splendeur cotonneuses, ces dix milles moutons célestes qui s'en vont paître les images du monde ...

ouahouuuuuuuuuuuuu.JPG













Par mat, maçon berger
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 13:34

"Le lycée agricole, c'est pour les bêtes..."

Voici ce que me dit en résumé ma prof de maths d'un lycée général de l'Aisne alors que je lui annonçais que je quittais l'enseignement général pour me diriger vers une carrière dans l'envirronnement...


La pauvre, si elle savait!!! Bêêêêêê -te


Après toutes ces années, je repense à ces paroles, le cul posé sur une pierre, au milieu d'un alpage Suisse magnifique, entouré de quelques centaines de moutons, quelques chèvres curieuses et bavardes, un âne fou et un patou fénéant, contemplant le mur en pierres que je viens de rebatir à la chaux et ciment...


Bêtes les bouseux qui trainent leurs savates dans la boue... Mais Madame Th., Ne sais tu pas qu'un berger ne surveille pas?, ne cuve pas sa bétise et son néant culturel au pied d'un arbre en bouffant du fromage et engloutissant du rouge??? Toi qui est si intelligente, au dessus du commun des petites gens, lis donc ce livre de Mathyas Lefebure "D'où viens tu berger?" ou viens me rejoindre sur la montagne, et tu verras...


Un berger veille, il ne se déplace pas vulgairement sur ses deux jambes de primate, il navigue!!! Il flotte dans le vent au dessus des herbes et ses chiens sont ses bras multiples et redoutables qui s'étalent sur la plaine et jugulent ce flot blanc qui voudrait déborder... Un berger vogue sur sa poésie simple mais redoutable. Redoutable est le berger...


Madame Th, si tu savais que j'ai gâché cet avenir scientifique de haut vol pour le bonheur de survoler ces plaines, de tripoter et manipuler dans tous les sens ces bestioles puantes et sales...


Comme je suis loin de ton monde illusoire et fantasque, sûblimement et si intelligemment débile, toi qui laissait des marques de fond de teint sur la peinture blanche des murs en faisant sans-blanc d'y mettre des coups de boule de dépît devant nous, engeance ignarde, eau sale remplissant la mer de ton orgueil...

Toi qui allumais tes juvéniles et déjà un peu virils élèves par tes tenues sexys qui collaient à ton corps presque parfait pour mieux les écraser et humilier ensuite...


Sûblimement débile oui... Débile comme ces ouvriers qui attendent , sales et vulgaires, de partir faire un boulot d'abrûtis dans le bruit et le froid... Oui, je fus l'un d'eux physiquement. Pendant deux ans, j'appris le travail de la pierre et de la rénovation... Dans une petite entreprise de province, en plus, Madame Th... Misère de misère...


V'la t'y pas que j'en ressortis usé de corp et d'esprit, mais heureux et amoureux. Amoureux des brebis et de la pierre...


Un débile mental au pays des moutons, un empileux d'cailloux...

Voila Madame Th, je te laisse sur ton nuage de suprêmatie et de gloire, de gens bien comme il faut...


Et ne t'inquiète pas toi, Ô lecteur égaré, voici que commence dans un doux mélange de bêlements et de cloches, une histoire d'amour et une histoire spirituelle : LÔde aux pierres...

ane.JPG



 

Par mat, maçon berger
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Présentation

Profil

  • mat, maçon berger
  • batisseur
  • Homme
  • 08/04/1980
  • En transhumence...
  • voyage artisanat dieu folie pierres
  • Du haut d'une colline, je scrute ce troupeau blanc broutant l'herbe sèche et rare du Causse, prêt à fondre dessus avec mes chiens abrutis et sanguinaires... Et c'est copmme ça que ça commence... Plus tard, une ferme rénnovée "entre amis", quelques rencontres, de riches moments, pertes de nombreuses illusions, l'amour qui passait par là, un retour sur la voie de Dieu et de mes origines, un voyage-cyclone qui vient courronner une expérience deux 2 ans en maçonnerie - pierres... Et […]

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Mathyas  Lefebure ;  D'où viens-tu berger?   Edition Léméac

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